Le blog d'Yves de Matteis

  • Herbe contre gravier (suite et fin) : le regard d’un profane

    Pour continuer sur le fond, et non plus uniquement la forme, suite à  l’article publié dans La Tribune sous le titre « À la place des Augustins, du gravier va remplacer le gazon », voici quelques réflexions d’un profane, juste un peu éclairées par le sens commun ajouté à une année passée à l’école d’architecture de Genève...

    Dans l’article susmentionné, beaucoup d’internautes se sont indignés que les plages de gazon actuelles (certes assez clairsemées, voire pelées) soient bientôt remplacées par du gravier, citant tous les défauts de ce dernier, ce type de revêtement étant présenté comme étant  fatal aux (ou inaccessibles pour les)

    • Vélos, tricycles et autres cycles
    • Chaises roulantes à petites roues
    • Talons aiguilles (ou talons hauts)
    • Rollers et autres skates
    • Landaus et autres poussettes
    • Déambulateurs ou personnes marchant avec des cannes ou des béquilles
    • Personnes se déplaçant avec une valise à roulettes ou un caddie à commissions
    • Etc.  bref tout ce qui a un poids relativement important mais une surface d’appui au sol réduite, condamnant son ou sa propriétaire à s’enfoncer dans les sables mouvants desdits graviers...

    Et ces propos ne sont pas dénués de bon sens ou de pertinence. Je me rappelle, il y a quelques années, que les services de la Ville de Genève avaient voulu couvrir de gravier l’ensemble de l’île Rousseau, au grand dam des associations de personnes en situation de handicap, en particulier celles à mobilité réduite (chaises roulantes), qui se seraient immanquablement embourbées dans ce nouveau dispositif architectural soi-disant novateur...

    Mais si l’on pousse l’analyse un peu plus loin face aux critiques qui déplorent la monoculture du gravier aux dépends du gazon, qu’en est-il de ce dernier ?

    Est-il beaucoup plus facile de marcher sur du gazon avec des tallons aiguilles, une valise lourde ou un vélo avec des pneus étroits ? Surtout après des pluies qui auraient rendu la terre très molle, voire boueuse ? La réponse est évidemment non, ce qui tend à démontrer que ces mêmes critiques n’ont peut-être pas vraiment poussé le raisonnement jusqu’au bout !

    Alors que faire ? La solution consiste peut-être - mais ce ne sont ici que des élucubrations de non-spécialiste (à vérifier, donc) -,à opter pour une solution mixte qui fournisse à la fois :

    • des espaces de gazon (agréables à l’œil, permettant de s’y étendre l’été, mais peu favorables à la diversité de la faune (insectes, oiseaux, etc.) ou à la circulation;
    • des espaces de gravier (peu satisfaisants pour l’humain, la faune ou la flore, certains déplacements mais permettant, surtout s’ils sont équipés de drains, de canaliser de très grandes quantités d’eau);
    • Des plantes de diverses hauteurs favorisant la faune et la prolifération supplémentaire de la flore naturelle (ce que ne permet pas le gazon tondu);
    • Des arbres en grande quantité, pour permettre des espaces ombragés et rafraîchissants (si possible près d’espaces incluant du gazon et du gravier pour permettre une bonne irrigation des racines);
    • Des espaces de circulation stable sous forme de dallage ou de goudron, mais en pente légère et proche du gravier afin que ce dernier absorbe l’eau des précipitations);
    • Et bien sûr il n’est pas interdit non plus d’installer des statues ou d’autres installations (oui... même d’artistes d’aujourd’hui !!) ou encore des espaces de jeu pour enfants ou de gymnastique pour les plus âgés.

    Voilà ce qu’à peu près on pourrait énumérer, si on dispose de suffisamment de place (donnée essentielle), pour avoir une installation équilibrée, à la fois respectueuse de l’esthétique, des besoins de la faune, de la flore et des êtres humains de tous sexes et de tous âges, des plus jeunes aux plus âgés, et également pour garantir une lutte efficace contre les méfaits du changement climatique (chaleurs extrêmes, possibles déluges, sécheresses, etc.). 

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  • Herbe contre gravier : le temps politique et administratif n’est pas celui des actualités !

    On a récemment pu lire dans La Tribune un article intitulé « À la place des Augustins, du gravier va remplacer le gazon ». Suite à cet article, plusieurs internautes s’en sont pris aux Verts, qui, présidant les départements concernés, seraient responsables de ce projet et auraient pu mieux faire...

    A celles et ceux qui pensent de même, j’aurais voulu poser la question suivante :

    Pensez-vous réellement qu’un projet qui a été élaboré il y a probablement trois ou quatre ans (ou même plus), qui a été proposé ensuite à la majorité du conseil municipal de la Ville de Genève (à majorité de droite à ce moment-là...), qui l’a accepté, ceci de la part d’un département qui était géré par un magistrat qui n’était PAS VERT, pensez-vous donc réellement qu’on puisse qualifier ce projet de Vert - ou de projet proposé par les Verts - uniquement parce qu’aujourd’hui, c’est une Verte ou une Vert qui est à la tête de ce département, ceci depuis quelques semaines ?

    Question subsidiaire : si tout d’un coup cette magistrate ou ce magistrat devait remettre en cause ce projet, par exemple, ne lui dirait-on pas qu’elle ou il ne respecte pas la démocratie, et qu’elle ou il ne respecte pas les processus budgétaire et les procédures d’adoption des projets par le délibératif ?

    Et si c’était au niveau cantonal (ce qui n’est pas le cas), n’ajouterait-on pas qu’un-e tel-le magistrat-e enfreint la sacro-sainte séparation des pouvoirs en ne réalisant pas un projet pourtant voté par le législatif (en tant que projet et en tant que partie d’un budget voté par ce même législatif ?)

    Je ne suis plus Conseiller municipal, et je n’ai jamais siégé dans les commissions qui traitent ces objets en Ville de Genève, mais, ayant l’expérience de ce fameux « temps politique et démocratique »  (qui n’est pas celui des médias, par essence et par définition  instantané) et ayant par ailleurs étudié une année, jadis, à l’école d’architecture de Genève, je pense que toute réalisation architecturale ou urbanistique qui serait réalisée au bas mot ces prochaines années  (voire de manière permanente) devrait, par transparence, se voir apposer, dans l’espace public, une plaquette avec  l’explication ou l’éclaircissement suivant :

    « ce projet a été pensé par des fonctionnaires telle année, puis adopté à telle date par tel-le magistrat-e, puis voté en commission par une majorité de tels partis à telle date, puis enfin voté en plénière par la majorité de tels partis à telle date, puis réalisé de telle date à telle date ».

    Cela permettrait de redonner à César ce qui est à César... et permettrait de montrer que certains projets inaugurés par un-e magistrat-e sont souvent le fait d’un-e autre, voire plusieurs autres (dans le cas de projets très importants, comme le CEVA / Léman Express) magistrat-e-s...

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  • Un blog qui commence un 27 janvier

    Cette toute première note sera courte. Elle aura pour but, très simple, d'expliquer le choix de cette date précise pour ouvrir un blog. Les prochaines seront, probablement, plus longues. Elles seront donc précédées, dans la règle, par un court résumé ou une introduction. Un chapeau, comme on dit dans le métier de la presse, afin de résumer le propos, ou pour en encourager (ou décourager) la lecture. Le but étant de vous faire gagner du temps (dans les deux cas). 

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